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* en anglais
synthÈse
Synthèse du président
Vidéo de la synthèse du Président présentée oralement à la clôture
de la réunion
par le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon (15 minutes)
Version à imprimer [A/62/511, Annexe II, PDF, 74 kb]
Résumé de la synthèse du Président
Je suis fort encouragé par le fait que les changements climatiques ont été pour la première fois l'objet de débats aussi directs et constructifs au plus haut niveau. Cet événement a marqué notre entrée dans une nouvelle ère : aujourd'hui, j'ai clairement entendu l'appel lancé par les dirigeants du monde pour qu'à Bali, une percée soit effectuée dans le domaine des changements climatiques. Je crois que nous avons à présent l'engagement politique résolu d'y parvenir.
La science, les impacts et la nécessité d'agir sans tarder
J'ai entendu les dirigeants du monde confirmer que les changements
climatiques sont bien une réalité et qu'ils sont en grande partie d'origine
anthropique. Les descriptions faites par les dirigeants des nations les plus
vulnérables, en particulier les petits États insulaires en développement, sont
particulièrement parlantes. Ils ont dit haut et fort que le développement économique
et social ne peut être durable si nous ne nous occupons pas résolument de cette
question.
Il est possible d'agir aujourd'hui, et cela est économiquement rationnel. Si l'on
n'agit pas, le coût sera beaucoup plus élevé que si l'on agit rapidement.
J'ai entendu avec satisfaction un intervenant d'un pays en développement
déclarer : « Nous sommes l'un des pays les plus pauvres du monde, mais pour
atteindre nos objectifs [de développement], nous ne mettrons jamais en danger notre
environnement »; d'ailleurs, le problème n'est pas de choisir entre les deux, car la
seule option viable sur le long terme, c'est de s'occuper des deux.
Adaptation
Nombre d'entre vous ont cité des exemples montrant comment dans vos pays
vous faites déjà face au problème de l'adaptation. Vous avez exprimé votre
solidarité avec les plus vulnérables d'entre nous, en particulier les petits États
insulaires en développement et les pays les moins avancés, ceux qui ont contribué le
moins à ce qui se produit aujourd'hui, mais qui sont les premiers à le subir. Vous
vous êtes engagés à les aider à s'adapter aux conséquences inévitables des
changements climatiques.
Vous avez montré votre volonté politique et avez demandé une meilleure
planification nationale et internationale d'un développement durable, un
renforcement accru des capacités et des financements supplémentaires. Il a été dit
que les programmes d'action nationaux d'adaptation sont un bon point de départ,
qu'ils devraient être utilisés pour faire face à un plus grand nombre de besoins
d'adaptation, pas seulement ceux qui sont urgents et immédiats. Comme l'un de
vous l'a dit, « les efforts de développement et d'adaptation vont de pair ».
Pour reprendre votre expression, je dirai de même que l'action du secteur public et
celle du secteur privé doivent aussi aller de pair, dans le cadre de partenariats.
Nombre d'entre vous ont demandé un accroissement des fonds disponibles par
le biais de mécanismes tels que le Fonds d'adaptation, qui devrait devenir
opérationnel très prochainement. Ces ressources doivent compléter celles qui sont déjà engagées pour aider les pays en développement à sortir de la pauvreté et à
atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement.
Vous êtes également convenus que nous devons réduire le risque des
catastrophes et accroître la capacité de résistance des communautés face aux
phénomènes climatiques de plus en plus extrêmes au moyen d'une planification et
d'un renforcement des capacités systématiques. Cette dimension devrait être
intégrée dans l'ensemble des activités de planification que mènent les pays, et les
organismes de développement devraient leur prêter un appui à cette fin. Pour
contribuer à avoir un effet de levier sur les synergies des programmes d'action
relatifs à la réduction des risques des catastrophes et aux changements climatiques,
j'étudie les moyens de renforcer nos capacités de réduction des risques liés aux
catastrophes.
Réduction
On s'accorde largement à reconnaître qu'il est nécessaire de s'attaquer aux
causes profondes du problème et d'annuler ses effets en prenant des mesures
décisives. Les initiatives actuelles ne suffiront pas.
La notion d'objectif à long terme a été mentionnée, de nombreux pays
demandant que l'on fixe des objectifs juridiquement contraignants. Des références
fréquentes ont été faites à la nécessité de réduire de moitié les émissions d'ici à
2050 et de limiter les augmentations de température à 2 °C. Il faut poursuivre le
débat, et cette question occupera une place importante dans l'ordre du jour des
négociations après Bali.
Toute solution doit, naturellement, être équitable et fondée sur le principe des
responsabilités communes mais différenciées, et toute mesure demandée doit tenir
compte des capacités respectives.
Assurément, il est nécessaire que les pays industrialisés procèdent à des
réductions plus importantes de leurs émissions, et ces pays doivent continuer de
montrer la voie dans ce domaine. Il a été encourageant d'entendre nombre des
dirigeants des pays industrialisés dire qu'ils avaient la volonté d'agir de la sorte. De
plus, de nombreux dirigeants des pays en développement ont reconnu qu'ils doivent
prendre des mesures pour limiter l'accroissement de leurs émissions.
Les pays en développement, cela se comprend, ne veulent pas compromettre
leurs chances d'améliorer le niveau de vie de leurs populations. Ils reconnaissent
également qu'un système énergétique plus durable se caractérisant par de meilleurs
rendements énergétiques et une meilleure planification énergétique pourrait
permettre une croissance à moindre intensité d'émissions. De nouvelles mesures
d'incitation sont nécessaires pour s'assurer l'engagement actif de ces pays en faveur
d'un nouveau régime de lutte contre les changements climatiques.
Plusieurs d'entre vous ont souligné qu'il est important de réduire les émissions
dues à la déforestation. Vous avez aussi signalé les avantages étendus qu'une bonne
occupation des sols procurerait. Nombre d'entre vous ont reconnu la nécessité
d'élaborer des mesures d'incitation pour les pays en développement.
Technologie
La technologie jouera un rôle essentiel dans notre réponse collective aux
changements climatiques. Les technologies propres sont au cœur du développement
durable et de notre réponse aux changements climatiques. Comme l'un de vous l'a
dit, « le monde a besoin d'une révolution technologique »
Je vous ai entendu dire clairement que nombre de solutions technologiques
existent déjà pour promouvoir la réalisation des objectifs touchant l'adaptation et la
réduction. Des cadres politiques et des mécanismes de coopération efficaces peuvent
grandement accélérer le déploiement de ces solutions entre le Nord et le Sud et au
niveau de l'un et de l'autre.
Le déploiement reste le problème clef, et des efforts soutenus seront
nécessaires pour surmonter les obstacles techniques, économiques et politiques. Les
mécanismes actuels pour le transfert de technologies et la coopération devront être
considérablement intensifiés.
De nouveaux investissements dans la recherche-développement sont très
prometteurs. Mais pour que les promesses se concrétisent, nombre d'entre vous ont
reconnu qu'il faut que les gouvernements et le secteur privé déploient des efforts
conjoints et continus. Comme les intervenants des pays en développement nous l'ont
rappelé, les politiques énergétiques doivent appuyer les efforts déployés par les pays
en développement pour éliminer la pauvreté.
La coopération internationale doit être intensifiée d'urgence pour aider les
pays en développement dont les besoins énergétiques vont croissant à aller de
l'avant vers l'adoption de technologies à faible émission de carbone, utilisant des
sources d'énergie renouvelables ou des combustibles fossiles moins polluants. Les
technologies moins polluantes peuvent être un moteur important pour la croissance
économique.
Étant donné que les combustibles fossiles demeureront essentiels dans un
avenir proche, nous devons améliorer les rendements énergétiques et faire des
progrès au niveau de la faisabilité technique et économique des technologies
nouvelles et émergentes telles que le piégeage et le stockage du carbone.
Les technologies d'adaptation sont essentielles pour accroître la capacité de
résistance des pays aux incidences des changements climatiques. Il faut faciliter
l'accès des pays en développement à ces technologies, en particulier dans le cas des
pays les moins avancés et des petits États insulaires en développement.
Financement
Je crois que vous êtes tous convenus que des mesures résolues dans le domaine
des changements climatiques font partie intégrante de la priorité fondamentale du
développement économique soutenu et de l'élimination de la pauvreté. Comme nos
interlocuteurs du monde des affaires l'ont dit clairement eux aussi, les décisions
prises aujourd'hui en matière d'investissement ont des effets à long terme sur les
émissions, qui se feront sentir pendant des dizaines d'années. Comme un
représentant du monde des affaires l'a déclaré, « la communauté internationale doit
envoyer un message qui soit fort, long et d'ordre juridique ». L'objectif est une
économie mondiale à faible émission de carbone, qui appuie les efforts de réduction
des émissions et d'adaptation aux changements climatiques.
Nombre d'entre vous ont laissé entendre que les mesures touchant les
changements climatiques ne menaçaient pas le développement économique. Il
faudrait mettre à la disposition des pays en développement des ressources
supplémentaires pour qu'ils investissent et développent leur capacité d'élaborer et
de mettre en œuvre une combinaison judicieuse d'instruments politiques publics qui
les aideront à réaliser une croissance durable.
Comme certains d'entre vous l'ont noté, un marché des émissions amélioré,
fondé sur des réductions ambitieuses des émissions dans tous les pays développés,
peut assurer la souplesse qui contribuera au passage efficace par rapport au coût à
une économie à faible émission de carbone et mobilisera les ressources nécessaires
pour des mesures d'incitation pour les pays en développement.
Le Mécanisme pour un développement propre devrait être renforcé. Des
intervenants tant du Sud que du Nord ont souligné qu'il est important que la
protection des forêts existantes bénéficie d'un financement au titre de la lutte contre
les émissions de carbone dans le cadre du régime de l'après-2012.
La voie à suivre
Cet événement n'avait pas pour objet d'être une instance pour des
négociations, mais d'être l'occasion pour les dirigeants du monde au plus haut
niveau d'exprimer leur volonté politique de relever le défi des changements
climatiques en agissant de façon concertée. Vous avez déclaré une fois encore que la
seule instance où cette question peut faire l'objet de décisions est la Conventioncadre
des Nations Unies sur les changements climatiques.
Nous devons faire en sorte que cet instrument soit en vigueur d'ici à la fin de
2012. La prochaine conférence des Parties à la Convention-cadre devrait marquer le
début d'intenses négociations menées en suivant un ordre du jour convenu par les
Parties. Ces négociations devraient être de vaste portée et inclusives, et déboucher
sur un cadre multilatéral unique.
Tous les autres processus ou initiatives devraient être compatibles avec le
processus de la Convention-cadre et devraient l'alimenter, contribuant ainsi à son
succès.
Nous avons fait du chemin cette année pour ce qui est d'améliorer la
compréhension et de forger un nouveau consensus. Il reste beaucoup à faire, mais
cet événement a envoyé un message politique puissant au monde entier, et à la
Conférence de Bali, à savoir qu'au plus haut niveau les dirigeants sont déterminés à
rompre avec le passé et à agir résolument. Pour citer encore une fois l'un des
intervenants d'aujourd'hui, « nos efforts devraient se caractériser par l'engagement,
la créativité et les impulsions vigoureuses des dirigeants ». Dans le cadre des
négociations, nous ne devrions pas perdre de vue que le but ultime est la
préservation de notre planète.